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Comprendre la maladie d'alzheimer
Focus : Qu'est ce que la maladie d'Alzheimer ?
La maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées appartiennent à une catégorie de troubles plus connues sous le terme démence. En dépit de la connotation particulièrement péjorative de ce terme de nos jours, la démence n'est en aucun cas lié à des notions qui lui sont souvent, à tort, attachées telles que la dangerosité, l'agressivité ou encore la folie.Il s'agit principalement d'affections portant atteinte aux fonctions cognitives telles que des troubles massifs de la mémoire, de la parole, etc.
Les troubles de la mémoire
Le fonctionnement de la mémoire invite à distinguer deux types de mémoire : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.
Le premier stade de la maladie d'Alzheimer s'attaque à la mémoire dite "à court terme" et ce sont les faits récents qui sont oubliés. Puis, il y aura un processus d'effacement des souvenirs, qui remontent de plus en plus loin dans l'histoire de la vie d'une personne.
Il convient de distinguer deux entités dans la mémoire à long terme :
- La mémoire épisodique, qui correspond aux évènements qui ont jonché la vie d'une personne et censés être inscrits dans sa mémoire (naissances, mariages...). La maladie d'Alzheimer s'attaque à cette mémoire en faisant oublier des évènements de plus en plus lointain.
- La mémoire sémantique correspond aux connaissances intellectuelles apprises tout au long de la vie, connaissances pratiques ou théoriques.
La maladie s'attaque donc différentes strates de souvenirs. Il est parfois étonnant de constater combien certains souvenirs anciens restent vivaces alors que d'autres plus récent sont oubliés.
La perte de mémoire s'accompagne également d'une confusion des temps et des époques de vie. Plus les souvenirs récents sont oubliés, plus la personne aura tendance à effacer la réalité oubliée et se transposer avant la réalisation de ces actes.
La mémoire immédiate est paradoxalement très fragile car elle n'a pas fait l'objet d'une répétition et d'automatisme. Chacun peut le constater au quotidien, et cette mémoire est donc la plus vulnérable dans le cadre de la maladie d'Alzheimer. Elle s'attaque aussi bien à des connaissances théoriques qu'à des paroles qui viennent d'être prononcées.
Cela rend l'accompagnement particulièrement difficile.
Mais il est toutefois important de noter que la détérioration de la mémoire dans le cadre de la maladie d'Alzheimer suit des chemins divers et souvent différents d'une personne à l'autre.
Agnosie
Définition
L'agnosie est un trouble cognitif qui se manifeste par un déficit de la capacité de reconnaissance (il ne connaît pas). Le sujet atteint perçoit les stimuli, mais ne les traitent pas au niveau logique. L'agnosie n'est pas un trouble de la perception.On distingue ainsi plusieurs sortes d?agnosie liées aux différents sens:
L'agonsie visuelle est un déficit de la perception des formes. La dénomination d'un objet est impossible. Le sujet n'a pas accès à la signification de l'objet en question (impossibilité de savoir à quoi il sert). Cependant d'autres modalités sensorielles encore efficaces peuvent être utilisées pour compenser cette perte.
Une personne peut spontanément prendre un objet dans la main et immédiatement se rendre compte de ce que c'est. Il faut savoir utiliser cette ressource en plaçant systématiquement dans la main d'une personne ce que l'on veut qu'elle identifie et utilise.
Les comportements étonnants des personnes qui tripotent des tissus, des objets ou des personnes sont motivés par l'agnosie. Elles ne savent plus ce que c'est et cherchent à comprendre.
L'astéréognosie est un déficit du "sens stéréognostique", en relation avec le toucher. Les patients ont des difficultés à reconnaître les objets tactilement, d'après leur texture, leur taille ou leur poids. Ils restent toutefois capables de les décrire verbalement de les reconnaître visuellement des objets de même catégorie et de les dessiner. Les astéréognosies sont dues à des lésions du cortex somatosensoriel.
Dans ce type de maladie on retrouve spécifiquement deux agnosies bien particulières :
* La prosopagnosie. Elle concerne l'impossibilité à reconnaître les visages et donc les personnes. Beaucoup compensent par la voix et c'est pour cela qu'il est recommandé de parler à la personne pour entrer en relation avec elle.
* L'anosognosie. Elle est parfois confondu avec le déni, qui est un mécanisme de défense psychologique normal. Il s'agit de la non-reconnaissance de sa maladie. Les troubles de la mémoire, de l'orientation, des gestes, ne sont pas perçus par le malade..
Apraxie
L'Apraxie est un signe clinique qui décrit une incapacité à effectuer un mouvement ou une série de mouvements sur consigne.
Ce ou ces mouvements sont par ailleurs bien exécutés spontanément. C'est un déficit neurologique qui se situe au niveau de la conceptualisation et de l'exécution programmée d'un mouvement. Les fonctions motrices et sensitives de base qui permettent ce ou ces mouvements doivent être intactes.
Le mot apraxie découle du terme praxie qui désigne les fonctions de coordination et d'adaptation des mouvements volontaires de base dans le but d'accomplir une tâche donnée. Apraxie vient du mot grec praxis qui signifie action.
Ce trouble peut être à l'origine d'une grande perte de l'autonomie et obligera à avoir recours à une aide pour se laver, s'habiller, faire la cuisine, etc.
Aphasie
La plupart des personnes aphasiques n'ont pas perdu complètement l'usage de la parole.
L'aphasie est, plus précisément, un trouble du langage qui peut présenter des différences considérables: certains patients ne montrent que des incertitudes légères, pour trouver leurs mots par exemple, alors que d'autres ont presque totalement perdu la faculté de s'exprimer par le langage, de comprendre ce qu'on leur dit, de lire et/ou d'écrire, alors que d'autres facultés, comme la mémoire ou l'orientation, sont préservées. Il existe plusieurs sortes d'aphasie dans lesquelles ces diverses facultés peuvent être différemment diminuées.
Les capacités de compréhension du langage sont également progressives.
Au début, ce sont des phrases compliquées ou un vocabulaire précis qui pour le malade semblent obscurs, puis en fin d'évolution des phrases simples et des mots basiques deviendront également incompréhensibles.
A savoir :
En cas de langue maternelle différente que celle utilisée par le malade dans sa vie d'adulte, il n'est pas rare que la personne ne soit capable de comprendre et de parler que dans sa langue d'origine ou de son patois local.
DESORIENTATION TEMPORO-SPATIALE
Comme l'appellation l'indique, ce trouble concerne la faculté des hommes et des femmes à s'orienter convenablement dans le temps ou l'espace.
Une désorientation temporelle se caractérise par une difficulté à se repérer spontanément dans l'échelle du temps : année, mois, voire même au cours d'une journée (confusion entre le soir et le matin')
La désorientation spatiale se réfère à l'incapacité de la personne à se situer dans l'espace : nouveaux espaces, domicile, lieux courants'
TROUBLES DE LA PENSEE
Ces troubles se caractérisent principalement par un difficulté à conceptualiser les notions courantes, à appréhender une série de raisonnements, puis, par des incohérences fréquentes aussi bien dans le langage que dans les actes.
TROUBLES DU COMPORTEMENT
Les troubles du comportement sont généralement engendrés par une lésion de la partie frontale du cerveau. Cette partie frontale du cerveau est la zone la plus évoluée qui nous permet d'avoir le sens des codes sociaux, des inhibitions et de l'auto-censure devant des comportement inappropriés en société. C'est aussi ce qui nous permet de décider de faire ou de ne pas faire, dire ou ne pas dire. Si cette zone est lésée, le fonctionnement est beaucoup plus primaire. On répond à ses impulsions.
Ces troubles peuvent se répercuter sur tous les aspects de la vie : alimentation, hygiène, parole, sexualité, etc.
C'est un accompagnement particulièrement difficile, d'autant que le risque de passage à des actes violents est souvent important.
Le diagnostic devrait toujours faire appel à des équipes pluridiscipliaires capables de mener des explorations approfondis dans ivers domaines et de croiser les résultats. Plusieurs examens sont nécessaires, certains ont pour objectif de faire un diagnostic différentiel, c'est-à-dire de s'assurer qu'une autre pathologie n'est pas à l'origine des symptômes.
Seule une consultation spécialisée peut véritablement établir ou infirmer la présence d'un trouble du comportement : centre mémoire, service de neurologie, de gériatrie et certains services de psychiatrie. De plus, le diagnostic doit impérativement être suivi d'un projet d'accompagnement médical, psychologique, social' C'est le plus souvent au sein de services spécialisés que l'on développe ce type de démarche auprès du patient et de sa famille.
Pratique :
Nous vous recommandons donc de vous orienter auprès de l'association France Alzheimer de votre département.
Les progrès de la science autorisent aujourd'hui des explorations poussées qui permettent de localiser avec précisions les zones éventuelles lésées du cerveau, ou encore de détecter des cellules pathologiques nouveaux (scanners, IRM).
Il est bon de consulter un médecin neurologue, capable de détecter, outre des maladies neuro-dégénératives, différents symptômes caractéristiques des troubles du comportement :
* Des troubles oculomoteurs
* Des troubles de la marche
* Des troubles de l'équilibre
* Un syndrome parkinsonien
* Des signes de focalisation
* Des anomalies neurologiques atypiques'
Un bilan biologique doit également être prescrit. Certains troubles cognitifs peuvent avoir une cause métabolique. Ils sont réversibles si l'on met rapidement en place un traitement de complément. On recherchera :
* Des carences en vitamines
* Des carences hormonales
* Une déshydratation
* Une infection
* Une intoxication
Le bilan neuropsychologique est essentiel. Il doit être réalisé par un psychologue-neuropsychologue qui dispose d'une batterie de tests afin d'évaluer les capacités cognitives du patient. Cet examen permet de détecter les symptômes le plus précocement.
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